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  • RETOUR SUR FONDATION

    Je voudrais revenir sur FONDATIONS qui me paraît être un texte à la fois fondamental et Fondateur. Avant de ricaner en me traitant d'ignare, merci de lire la suite. Lorsqu'un auteur crée un monde fantastique, il s'agit d'une bulle hors du temps ou de l'espace, ou située dans un espace dit ' parallèle' dont on nous parle beaucoup dans les romans. Souvent l'origine de ce monde n'est pas mentionnée, on le décrit tel qu'on le veut . sans se préoccuper de le situer dans l'espace ou le temps. Ou bien on invente un dieu à l'origine de ce monde. Ce qui ne nous apporte pas grand-chose.

    La notion de divinité est née lorsque l'homme s'est mis debout. Les dieux multiples et indistincts se sont retrouvés mieux définis dans les premières grandes civilisations, puis est arrivé le dieu unique qui nécessite depuis 2000 ans une hiérarchie pour subsister.

    Mais dans FONDATIONS le Chaos (forcément toute origine, c'est lui qui nous apporte le ciment et le bois en vrac pour construire), décide de l'origine et de la fin, et introduit le Doute. Et c'est là que réside l'originalité et la nouveauté de l'œuvre.

    L'alpha et l'oméga, l'infini, définissent des limites temporelles et spatiales de l'univers des Dômes. (et du nôtre aussi !). Mais le Doute est créateur, quand les autres ne sont que répétitifs ou limités. Douter, c'est refuser la réalité que nous affrontons. Il faut sans cesse convaincre et se convaincre. Et ce n'est pas une perte de temps. On refuse une apparente réalité que le Doute fait trembler, il défonce les apparences, et nous fait apparaître une autre réalité. Meilleure ou  pire, qu'importe !

    C'est là ce qui arrive à nos personnages.

    Des interrogations subsistent : les créateurs restent cachés derrière leurs noms qui font rêver : alpha et oméga...infini et ce doute insupportable qui nous poursuit.Car enfin, c'est bien à lui que l'on doit la science et la suprématie de l'homme sur Terre.

    Mais nous restons sur notre faim. Ces entités, alpha, oméga et d'autres manipulent des personnages étonnants, rares, ou comiques. Il nous laissent entrevoir dans une brume dorée ces Dômes mystérieux que nous côtoyons ou affrontons, tout au cours de l'œuvre (le tome 4 est peut-être le plus angoissant à ce sujet... mais ça c'est pour le prochain texte !) en essayant de les imaginer mais sans les voir vraiment. Nous sommes lecteurs avides, et voudrions mieux comprendre ces promenades dans l'eau, dans de mystérieux canaux qui débouchent jusque dans la Seine, un comble. La relation avec ces beaux Marais où il doit faire bon vivre, ces brigands de Scylon, ces personnages qui apparaissent et disparaissent à tout bout de champ dans des souterrains. Pourquoi et comment les Dômes interviennent dans la politique, bouleversent le monde en nous plongeant sans cesse dans des mystères des plus obscurs...

    Je vous en prie, Hélène Korwin, au nom de tous vos lecteurs dont j'espère me faire l'interprète fidèle, donnez-nous quelques lumières pour éclairer notre chemin. Quelque os à ronger pour nous donner patience... Je suis dur, mais la balle est dans votre camp !

  • PARLONS POESIE

    Me voilà bien embarrassé... (Cela m'arrive... rarement). Je voudrais vous parler des poèmes de Hiérildis que nous avons découverts dans Fondation, et qui, si mon petit doigt ne me trompe pas, reviendront dans la suite des aventures de Casmir.  Mais comment parler (intelligemment) de poésie... On dit souvent : «  C'est médiocre, superbe ; beau, émouvant, quelconque... » Ajoutez tout ce que vous voudrez, nous serons bien avancés ! On peut remonter très haut, et citer le Parnasse, Apollon et les Muses, la beauté des poésies d'Orphée. Et après ?

    Essayons de distinguer le poète et son lecteur. Le lecteur se laisse emporter par la vague, il  s'oublie, il ne réfléchit plus. Comment le pourrait-il en lisant :

              Thé

             Noir

             Saigne de ton âme prisonnière

             Mais quand ses ailes bleues se déploieront

             Les chaînes brisées prieront

    Là nous sommes plongés dans un univers étrange , on se sent baigner dans  l'horreur et puis avec l'espoir l'étreinte se desserre, nous respirons, nous avons retrouvé notre liberté. Non, nous-mêmes.  Nous avons plongé un instant dans un univers d'horreur façonné par nos soins, parce que le poète ne fait qu'effleurer, que suggérer. La poésie est suggestion. Elle dessine à peine quelques lignes, quelques contours - le travail du poète s'arrête là - et nous créons à notre envie, selon nos sentiments du moment un univers où nous nous baignons avec délice ou horreur.  Et  notre lecture dépend précisément de notre état d'âme, de notre être au moment de la lecture. Nous pouvons garder une froide indifférence, ou sombrer brutalement dans le merveilleux. Les grands poètes savent  nous atteindre à tout moment, quel que soit notre état d'esprit.

    Venons-en à Hiérildis. Ce qui frappe en premier lieu naturellement c'est l'emploi de tous les mots du poème commençant par la même lettre.  Je vous entends ricaner : «  fastoche, ya qu'à prendre le dico ! ». Ben voyons !  Essayons voulez-vous d'aller plus loin. Le procédé à déjà été employé (rarement, seulement pour quelques vers) mais jamais de façon systématique. Tâchons d'y voir clair dans ce procédé déroutant. Après plusieurs lectures, il me paraît décidément impossible de choisir une interprétation intelligible de mes sentiments... Le remarquable de ces poèmes c'est qu'une intrigue - une histoire- se constitue, puis se déroule nonchalamment, par accumulation de mots commençant par la même lettre. Et ce qui est déroutant - et rageant !- c'est qu'il est pratiquement impossible de trouver le mot suivant. Je m'y suis essayé (gros malin, et sûrement pas le premier) mais évidemment sans succès. En sus de l'histoire, c'est une étrange atmosphère qui se tisse au fil du poème. On est vite pris et emprisonné dans un monde étrange et fermé sur soi. Et cela se renouvelle à chaque lecture (faites-en, comme moi, l'expérience).  On se trouve pris dans une toile d'araignée. Quoi de mieux alors que d'aller jusqu'au bout en se laissant bercer et émerveiller par les sons et l'univers créé autour de nous, et qui nous emprisonne...